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« NOUS, PEUPLE EUROPEEN » réclamons la Fédération européenne !

juin 2010

La crise de la Grèce a mis en évidence…

les contradictions de l’Union monétaire en l’absence d’un Etat fédéral européen. Avec une monnaie unique et seize (à vingt-sept) politiques économiques nationales divergentes, les Européens sont incapables de gouverner et de protéger l’Europe et ses citoyens. Il y a un réel danger que la crise financière, en l’absence de reprise économique, ouvre la porte à la récession et à la crise sociale. Aujourd’hui c’est la survie même de l’euro qui est en jeu de par les attaques de la spéculation internationale. Et, avec l’euro, c’est l’Union européenne (UE) elle-même qui joue son existence.

Pour sauver l’euro, il faut tout d’abord et immédiatement renforcer la solidarité entre les membres de l’eurogroupe par la création d’un gouvernement européen de l’économie et des finances publiques et l’unification de la représentation européenne au sein du Fonds monétaire international. L’expérience des pays ayant adopté l’euro, ou adhéré aux Accords de Schengen, démontre qu’avec une forte volonté politique de quelques gouvernements il est possible d’avancer sur la voie de l’unité à partir d’un groupe restreint d’Etats membres de l’Union.

La crise démontre également la nécessité d’une forte augmentation du budget européen. Il faut donc développer également le pouvoir fiscal de l’UE -par exemple à travers une taxe carbone- et exploiter l’émission d’obligations européennes pour financer la reconversion -en prenant également en compte des exigences écologiques- de l’économie européenne liée à la révolution scientifique et technologique.

Les fédéralistes, que nous sommes, sont ils réellement surpris ? Que nenni !

En 1974, les Editions Fédérop, fondées à Lyon sous l’impulsion de notre ami Bernard Lesfargues, publiaient parmi leurs six premiers ouvrages le

volume Monnaie européenne et Etat fédéral, préfacé par Bernard Barthalay. Sous la direction de Mario Albertini, cet ouvrage collectif montrait

« l’incohérence d’un projet d’union économique et monétaire sans construction préalable d’institutions politiques communes » et affirmait que « la solution de la crise monétaire internationale passe par la création d’une monnaie européenne et les déséquilibres des balances nationales des paiements relèvent du maintien d’une souveraineté économique absurde et dépassée. Mais l’unification économique suppose une politique monétaire et fiscale européenne, donc un gouvernement européen, permettant d’atteindre, outre l’équilibre de la balance européenne des paiements, les autres objectifs de politique économique, en particulier, le rétablissement d’un développement régional équilibré ».

… Une fois encore les Etats européens, qui avancent vers l’unification politique à reculons, comme la corde au cou, ont pris le problème à l’envers ou du moins se sont arrêtés en chemin. Les fédéralistes, pour leur part, sont passés pour des empêcheurs de « confédérer en rond », des Cassandre. Et pourtant les faits sont têtus et le bon sens, ou le sens de l’histoire et des responsabilités, sont trop souvent absents dans les sphères de ceux qui nous dirigent (même lorsqu’ils ne préparent par les réunions du G 20 en recevant des footballeurs … !).

Et maintenant… ?

Le redressement durable de l’Europe ne peut pas se fonder sur la seule nécessité immédiate : le moment est venu de reprendre et de remettre sur ses pieds le projet européen des Pères fondateurs.

La crise actuelle, qui pourrait amener au détricotage de l’intégration européenne, donc au retour du nationalisme… et potentiellement de laguerre civile en Europe, démontre clairement l’échec de la seule méthode fonctionnaliste : le marché intérieur, les politiques communes ou même la monnaie unique n’ont pas conduit automatiquement à l’unification politique. Aujourd’hui, la création de la Fédération européenne, par une procédure constituante démocratique associant les citoyens, le Peuple européen, peut seule donner aux Européens les moyens de reprendre en main leur destin tout en indiquant au monde la voie de la paix, du progrès et de l’unification politique et pacifique du genre humain.

Au moment où ils réfléchissent dans divers pays à leur stratégie pour les prochaines années (la Campagne pour les Etats-Unis d’Europe lancée à Toulouse par l’UEF France, ou, la Campagne projetée par les fédéralistes italiens pour une nouvelle Déclaration Schuman portant sur la Politique européenne de sécurité et de défense, en sont deux illustrations sur lesquelles Fédéchoses reviendra dans les prochains mois, aussi pour rappeler que les fédéralistes doivent être conscients que ce n’est pas tant aux Etats qu’ils doivent s’adresser mais plutôt à leurs interlocuteurs privilégiés que doivent être le Parlement européen, seul représentant démocratiquement élu et représentatif du Peuple européen, et en son sein l’Intergroupe fédéraliste.

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