Fédéchoses numéro 79 - 1993
Éditorial
La tragédie yougoslave offerte quotidiennement en spectacle télévisuel à l’opinion publique suscite de vives critiques à l’égard de la Communauté européenne qui n’a pas pu empêcher l’éclatement du conflit et s’avère impuissante à l’arrêter. On considère même que les positions divergentes des différents Etats européens à l’égard de la reconnaissance des sécessions croate et slovène ont largement contribué à mettre le feu aux poudres.
Il faut toujours garder présent à l’esprit qu’aujourd’hui l’Europe ne constitue pas un sujet politique à part entière et notamment que la Communauté ne dispose d’aucune compétence en matière de politique extérieure. Même lorsque le Traité d’Union européenne entrera en vigueur, l’Europe ne disposera que d’un embryon de politique extérieure soumise à des décisions unanimes des chefs d’Etat et de gouvernements.
Ceux qui dans cette affaire comme dans celle du déplacement de l’usine Hoover fustigent à juste titre l’impuissance de l’Europe devraient être les premiers à réclamer une véritable politique étrangère commune (comme le fait avec force et ténacité le Chancellier Kohl), une véritable politique industrielle, sociale, c’est-à-dire un gouvernement démocratique pour l’Europe.
Les institutions communautaires montrent de plus en plus leurs limites par leur incapacité à résoudre les problèmes économiques et sociaux ce qui risque de susciter un rejet de plus en plus important de la part des citoyens comme les référendum danois et français l’ont révélé.
C’est pourquoi l’Union des Fédéralistes Européens lance une campagne de "cahiers de doléances" qui sera développée dans ce numéro, afin de donner la parole aux citoyens pour qu’ils soient les promoteurs d’une véritable constitution pour une Europe dotée d’un gouvernement fédéral démocratique. Ce thème devrait être l’enjeu de l’élection européenne de 1994. Dès maintenant il convient de se mobiliser avant qu’il ne soit trop tard.
Fédéchoses
