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In memoriam : Robert MULLER (1923-2010)

décembre 2010, par René Wadlow

Robert Muller, ancien Secrétaire général assistant aux affaires économiques et sociales de l’Organisation des Nations unies et Président honoraire de l’association des Citoyens du monde, est décédé le 20 septembre 2010.

Il a grandi dans une Alsace-Lorraine encore meurtrie par la première guerre mondiale. Il rejoint la Résistance française au cours de la seconde guerre mondiale et obtient ensuite un doctorat en droit et économie à l’Université de Strasbourg.

Déterminé à œuvrer pour la paix, il rejoint le Secrétariat de l’ONU en 1948 où il travaille sur des questions économiques et sociales. Pendant de nombreuses années, il est Secrétaire du Conseil économique et social des Nations unies. Son travail auprès de l’ECOSOC l’amène à coopérer étroitement avec les ONG, qu’il a toujours encouragées. Il est particulièrement préoccupé par une éducation qui préparerait les peuples à une citoyenneté active dans un monde interdépendant et il reçoit le Prix UNESCO de l’éducation pour la paix en 1989.

Après quarante années passées au service de l’ONU, il prend sa « retraite » et se consacre à l’Université pour la paix, au Costa Rica, institution qu’il a contribué à créer alors qu’il était encore fonctionnaire de l’ONU. Il vit alors une partie de l’année au Costa Rica, dans une petite ferme située près de l’Université pour la paix. Le reste du temps, il vit en Californie où il poursuit un intense travail d’écriture et de conférences.

J’ai eu le plaisir de connaître Robert Muller car il venait souvent à Genève en lien avec son action économique et sociale pour les Nations unies et avait, à l’époque, une maison en France près de Genève. Sa vision du monde a été beaucoup influencée par deux penseurs français qui ont également passé la plupart de leur vie hors de France : Pierre Teilhard de Chardin et Albert Schweitzer.

Robert Muller a participé activement aux efforts visant à promouvoir la réconciliation entre la France et l’Allemagne après la seconde guerre mondiale, un effort qui l’a conduit à une compréhension de l’importance du pardon comme il l’a exprimé dans son poème en prose "To Forgive" (« Pardonner »).