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Vers une union fédérale

Les parlementaires européens doivent gagner la confiance de l’électorat après une campagne décevante…

29 octobre 2009, par Samuele Pii

L’élection du Parlement européen en 1979 a constitué un signe d’espoir pour la démocratie. Au cours des trois décennies suivantes, le Parlement a augmenté ses pouvoirs à chaque réforme des traités de l’Union européenne. Mais les élections qui se sont tenues du 4 au 7 juin ont été des élections nationales, coordonnées sur une base européenne. La campagne électorale a montré une fois encore que l’élection directe des membres du Parlement ne suffit pas pour donner naissance à une démocratie européenne.

Au niveau national, le lien entre les citoyens, les partis, le Parlement et le gouvernement est clair. Au niveau de l’UE, les partis politiques sont encore trop faibles et la fonction de gouvernement est partagée entre la Commission européenne et le Conseil des ministres. Les partis politiques exposent leurs propositions mais les citoyens doivent essayer de comprendre les différentes visions de l’Europe qui sont offertes.

On manque de leaders qui sachent expliquer comment l’UE fonctionne et qui cherchent un soutien pour leurs idées et beaucoup de médias ne font pas assez pour faire passer le message.

On se souviendra de cette campagne électorale comme d’une occasion manquée. Les grands partis auraient dû présenter leurs candidats à la Présidence de la Commission pour faire monter les enjeux de ces élections et provoquer un débat public. Cela aurait permis aux citoyens de mettre des visages en regard des programmes politiques.

La faible participation, et même un chiffre record, est un sujet d’inquiétude. Le nouveau Parlement devra travailler dur pour gagner sa légitimité.

L’élection du Président de la Commission sera le premier test à ce sujet. Les groupes politiques devraient se mettre d’accord sur un candidat sur la base d’un programme de gouvernement commun. Les socialistes, les libéraux et les verts pourraient, par exemple, mettre sur pied une coalition en faveur du précédent Premier Ministre belge Guy Verhofstadt comme alternative à José Manuel Barroso. Une telle compétition entre des candidats renforcerait la démocratie.

Le nouveau Parlement devrait réaffirmer son engagement à réaliser les réformes prévues par le Traité de Lisbonne sans attendre les résultats du second référendum irlandais sur le Traité.

L’UE devra être plus active sur la scène mondiale pour défendre ses propres intérêts et promouvoir la paix, la démocratie et les droits humains. Pour cela, il faudra que le Parlement devienne un atelier de politiques d’avant-garde.

Un plan économique européen devrait constituer une priorité absolue pour soutenir l’emploi, la croissance et pourvoir aux besoins des générations futures. Un new deal européen est nécessaire pour combattre le changement climatique et ouvrir la voie vers le développement durable. La citoyenneté européenne doit être mise en avant à travers la mobilité des jeunes. Il faut introduire, comme cela a été envisagé par le Traité de Lisbonne, le droit de lancer des initiatives populaires en tant qu’élément de la démocratie directe, afin d’impliquer les citoyens dans le processus décisionnel.

Ce sont seulement quelques unes des priorités que la nouvelle génération des parlementaires européens devrait prendre en compte s’ils veulent vraiment gagner la confiance des citoyens. Pour se relier aux citoyens, les institutions de l’UE doivent réaffirmer leur attachement à la morale civile, à travers des codes de conduite plus stricts et une utilisation plus transparente de l’argent public. Une nouvelle force morale devrait mettre en avant une initiative fédéraliste au sein du Parlement. En suivant l’exemple d’Altiero Spinelli qui, en 1984, sut convaincre le Parlement d’approuver à une large majorité le premier projet de constitution européenne, des parlementaires devraient constituer un nouvel intergroupe fédéraliste lors de la première session plénière du 15 juillet à Strasbourg.

Une fois que le Traité de Lisbonne sera en vigueur, le Parlement pourra jouer un rôle plus important dans le processus de réforme des traités de l’UE, pour permettre de donner à l’Europe un gouvernement démocratique et fédéral.


Samuele PII
Président des Jeunes Européens Fédéralistes – JEF Europe

Traduit de l’italien par Jean-Luc PREVEL - Lyon