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Pourquoi voter pour un parlement, sans voter pour un gouvernement européen ?

28 octobre 2009, par Guido Montani

Les élections au Parlement européen ont révélé un double déficit de l’Union européenne : un déficit démocratique et un déficit de gouvernance. Les citoyens votent volontiers pour les élections nationales car ils peuvent choisir non seulement leur parti politique mais aussi qui va gouverner leur pays.

Au plan européen ce choix est impossible. Le Parlement européen a de nombreux pouvoirs, mais le système de prise de décision est mystérieux. Qui est responsable pour les politiques européennes ? Aucun citoyen n’est capable de répondre à cette question. En conséquence d’un processus démocratique peu clair, l’Union européenne est considérée comme un ensemble bureaucratique.

La Commission européenne, le seul pouvoir exécutif responsable devant le Parlement européen, n’a rein fait pour combler le déficit démocratique, en utilisant ses pouvoirs existants. Par exemple, au lieu de proposer un plan audacieux contre la crise financière -en relançant la proposition de Jacques Delors de lancer des obligations de l’Union afin de financer un véritable plan de redressement- la Commission Barroso accepte d’être le secrétariat docile du Conseil des ministres. C’est pourquoi seuls des gouvernements nationaux sans coordination entre eux agisssent contre la crise financière de manière inefficace.

L’Union européennes deviendra une communauté politique lorsqu’un débat politique entre une majorité et une minorité se développera au Parlement européen. Il n’y a pas d’un nouveau traité pour commencer une lutte politique.

Les parties européens ont le pouvoir de dépasser les déficits démocratique et de gouvernance. Ils avaient la possibilité de proposer leur candidat à la Présidence de la Commission européenne avant les élections européennes. Alors, les citoyens auraient eu la possibilité de prendre part à une réelle compétition politique européenne, avec divers leaders soutenant un programme de gouvernements pour l’Europe, dans un contexte pan-européen.

Seul le PPE a propose José Manuel Barroso en tant que candidat. Les autres partis, en premier lieu les socialistes, n’ont par relevé ce défi. C’est pourquoi les élections européennes sont devenues une somme de compétitions nationales, divers partis eurosceptiques gagnèrent des sièges au Parlement européen et pourquoi la participation chuta une nouvelle fois.

Les élections européennes de 2009 ont été une occasion manquée.

Mais il n’est pas exact que les citoyens européens n’aiment pas l’Europe. Divers sondages montrent qu’une majorité des citoyens européens est en faveur d’une Fédération européenne. Le destin de l’Union européenne n’est pas ‘l’Europe des patries ». Les Verts de Coihn-Bendit ont été capables de faire un excellent score car ils ont eu le courage de proposer un plan clair pour construire une Europe fédérale.

La leçon des élections européennes de 2009 est limpide. L’Europe a besoin d’un gouvernement fédéral et les citoyens européens sont prêts à soutenir les partis politiques désireux de se battre pour un gouvernement démocratique responsable devant le Parlement européen. Dans le nouveau Parlement européen, les partis européens ont le pouvoir, si ils le veulent, de dépasser le double déficit de l’Union européenne.


Guido MONTANI
Professeur d’économie européenne à l’Université de Pavie – Vice président de l’UEF Europe

Traduit de l’anglais par Jean-Francis BILLION - Lyon