Fédéchoses n° 68 - 1990

NON À L’UNION BIDON

Comme nous l’avions souligné dans notre précédent numéro, la situation d’anarchie internationale provoquée sur les marches orientales de la Communauté par le découplage des pays de l’Est par rapport à l’URSS a créé un vent de panique salutaire chez les gouvernants européens, créant ainsi un nouvel élan vers l’union politique de l’Europe.

Cependant, malgré les déclarations d’intention de Mitterrand et Kohl pour accélérer l’union politique on ne peut, après les récentes réunions de Parknasilla et Dublin, qu’être inquiet des projets institutionnels esquissés par les gouvernements européens. Cette union serait fondée essentiellement sur les gouvernements nationaux, la cheville ouvrière resterait le Conseil européen, seul un rôle marginal serait dévolu au Parlement européen et à la Commission, maintenant ainsi l’inefficacité et le caractère anti-démocratique des institutions communautaires.

Dans la classe politique française les seuls à réagir aux projets d’union politique ont été les loups nationalistes que l’on considérait à tort comme une espèce en voie de disparition et que les propos de Mitterrand sur la « finalité fédérale » de la Communauté ont fait sortir du bois. En effet des sénateurs RPR et communistes ont fustigé l’idée de fédération, n’hésitant pas devant l’escroquerie intellectuelle qui consiste à transformer ce concept en celui d’État centralisé ce qui en est tout le contraire. Cette position, bien que minoritaire, influe considérablement sur la vie politique en France compte tenu du clivage bipolaire induit par l’élection présidentielle au suffrage universel qui, par ailleurs, tue tout débat politique et démobilise les citoyens. Les nationalistes présents dans la majorité comme dans l’opposition contrôlent ainsi la politique française en matière européenne. C’est ainsi que dans l’opposition les centristes sont contraints de mettre l’héritage de Robert Schuman sous le boisseau, compte tenu des positions nationalistes des dirigeants du RPR.

Le Conseil européen a fixé aux 14 et 15 décembre les dates de début des conférences intergouvernementales sur l’Union économique et monétaire et sur l’Union politique. Les Fédéralistes et tous ceux qui pensent que l’Union doit reposer sur un véritable gouvernement européen démocratique seront présents à Rome les 14 et 15 décembre pour exiger des chefs d’État et de gouvernement que soit donné mandat au Parlement européen de rédiger le projet de Constitution de l’Union européenne.

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