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Mon p’tit doigt Fédéchoses

Parlement européen : « Sauvons les sortants ! »…

12 avril 2009

… plutôt que « le Parlement européen pour les nul(le)s »

Il peut être considéré regrettable que certains mandats électifs puissent être occupés plus de trente ans par la même personne comme cela se voit parfois en France. Mais on peut parfois aussi souhaiter que certains élus, qui ont accompli leur mandat avec sérieux, puissent nous faire bénéficier à nouveau de leur engagement.

Ceci est particulièrement le cas en ce qui concerne le Parlement européen. En effet, celui-ci nécessite une période d’adaptation tant les modalités de travail sont spécifiques. Il s’agit en effet de travailler dans un environnement massivement multilingue, en s’adaptant à la traduction simultanée. Le nouvel élu doit aussi s’adapter au type de relation entre groupes politiques, moins directement conflictuelle, qu’implique une élection à la proportionnelle. Il doit comprendre la différence des cultures politiques de leurs voisins, dont la plupart viennent de pays qui ont une véritable culture parlementaire alors que les élus français sont habitués à la soumission à l’exécutif qu’impose aux élus le régime de la Ve République… Enfin et surtout il faut, pour acquérir des responsabilités dans cette assemblée, se faire connaître et obtenir la confiance de ses pairs.

La préparation des élections européennes en France plonge l’observateur dans la perplexité. En effet, il semble que les partis ne prennent aucunement en compte le travail effectué par les élus au cours de leur mandat, pas plus que leur notoriété et leur influence au sein de l’assemblée.

Les places seront chères, le nombre de sièges de la délégation française étant réduit suite à l’entrée en vigueur du Traité de Nice.

Ainsi, plus de la moitié des élus sortant ne seront pas placés en positions éligibles sur les listes du Parti socialiste. 16, sur 31, qui auraient souhaité renouveler leur mandat sont écartés, par le seul jeu de la composition des listes. Ils sont victimes de la combinaison du jeu des courants, des luttes d’influences internes à l’appareil, voire de l’application, que je ne conteste pas, des objectifs de parité ou de présence de « la diversité ». Parmi eux Gilles Savary, dont le bilan est particulièrement remarquable. En revanche parmi les candidats reconduits figurent Vincent Peillon, qui n’a pas fait montre d’un zèle excessif lors de son mandat, ou Pervenche Bérès, qui a détruit la crédibilité qu’elle avait acquise auprès de ses collègues eurodéputés en cautionnant la campagne noniste de son chef de courant Laurent Fabius en 2005.1

Du côté de l’UMP -qui n’a pas à l’heure où j’écris ces lignes- bouclé la composition de ses listes, les choses ne sont pas nécessairement meilleures. Ainsi Alain Lamassoure, brillant eurodéputé et ancien Ministre des affaires européennes, se verrait relégué à une position rendant son élection aléatoire.

L’alchimie suspecte qui préside à la présentation des candidats par les partis français fait rêver notre ami Robert Toulemon à un système où l’électeur pourrait exprimer un vote préférentiel. J’ajouterais même l’idée de panachage, car les meilleurs candidats -c’est à dire les fédéralistes naturellement- sont dispersés sur de nombreuses listes.

Auriculus

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Dracula RATI, en route « à marche forcée » vers le Parlement européen ?...
… mais non, elle était candidate à la candidature sur la liste PS en 1994 ! Cf., Libération 26.03.09

À lire sur le blog de Jean Quatremer : PS et européennes : la conjuration des médiocres.