Fédéchoses numéro 109 - 2000

De la Corse à la constitution européenne : pour des solutions fédérales

À peine le tabou concernant l’évolution possible de l’intégration européenne dans un sens fédéral est-il levé que les accords de Matignon sont venus remettre en cause le dogme sacro-saint de la souveraineté absolue de l’État-nation, unilingue et centralisé, de Strasbourg à Bastia, en passant par Pointe-à-Pitre ! Les souverainistes patentés qui font, mieux que quiconque dans la classe politique française, le lien entre l’Europe fédérale et le fédéralisme interne n’ont plus le choix qu’entre la retraite ou la guerre de tranchées.

Ces deux tendances qui se sont exprimées récemment, ce qui était encore impossible il y a quelques mois, doivent bien sûr être confortées et confirmées.

Il apparaît que les forces politiques favorables à une constitution fédérale pour l’Union européenne, sont grosso modo les mêmes que celles qui sont prêtes à œuvrer pour une véritable régionalisation et la reconnaissance des langues et cultures minoritaires. La ligne de partage entre progressistes, conservateurs et réactionnaires ne respecte plus la différenciation classique et séculaire entre la droite et la gauche.

C’est la raison pour laquelle les fédéralistes européens, et les régionalistes – les fédéralistes mondiaux, également, qui militent pour le renforcement et la démocratisation des Nations unies, la justice internationale avec la mise en place de la Cour criminelle internationale ou l’embryon d’une fiscalité mondiale avec la taxe Tobin – ont toutes les raisons objectives de travailler main dans la main.

Les échéances des Sommets européens de Biarritz et de Nice sont proches. Ils doivent y faire entendre leurs voix dans le vaste courant dont ils sont depuis longtemps l’avant-garde.

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