Fédéchoses numéro 123 - 2004

Contre la menace supranationale du terrorisme, seule vaut une réponse supranationale : la Constitution européenne, première étape vers la démocratie internationale.

Le terrorisme international, que l’aventure américaine en Irak et l’absence de perspectives de paix juste au Moyen-orient ne sauraient justifier, a récemment frappé l’Europe à deux de ses extrémités géographiques, à Istanbul et à Madrid.

Face à cette menace, la division entre une « vieille Europe » (symbolisée plus particulièrement par l’Allemagne, la Belgique et la France) et une « nouvelle Europe » (composée de la Grande-Bretagne, l’Espagne et la majeure partie des jeunes démocraties parlementaires de l’Europe centrale et orientale, au premier rang desquelles la Pologne) s’effrite au grand dam de l’administration Bush. Le gouvernement conservateur espagnol de José-Maria Aznar et celui du social-démocrate polonais Miler viennent ainsi en quelques semaines de devoir abandonner le pouvoir.

Les fédéralistes doivent marteler qu’à côté de la Grande-Bretagne, ces deux alliés européens de Washington dans l’aventure irakienne, les gouvernements espagnol et polonais, étaient aussi les deux adversaires les plus résolus du projet de Constitution adopté par la Convention européenne.

Après l’arrivée au pouvoir à Madrid et à Varsovie de forces politiques plus « européistes » il est plus que jamais nécessaire de souligner que les mesures intergouvernementales (en particulier de coopération policière) sont totalement insuffisantes pour assurer la sécurité des citoyens européens.
C’est donc avec raison que le récent Congrès de l’Union des fédéralistes européens (U.E.F.), réuni à Gênes fin mars, a affirmé que « la coopération intergouvernementale est la feuille de vigne derrière laquelle les gouvernements nationaux cachent… leur volonté de garder l’Europe divisée…, empêchant l’Europe de parler d’une seule voix dans le monde ».

 La seule réponse démocratique et efficace au terrorisme, extrémiste ou d’État, et au gouvernement du monde par la violence, c’est la démocratie internationale.
 Le seul moyen d’assurer la démocratie internationale c’est le fédéralisme.
 La première étape vers la démocratie internationale, devant à terme se réaliser dans la Fédération mondiale, c’est la Fédération européenne.

La première bataille aujourd’hui pour les fédéralistes européens, au moment où l’U.E.F. a décidé de rejoindre le Mouvement fédéraliste mondial, d’une part, et de développer son travail avec la société civile mondiale (en particulier à l’occasion des Forums sociaux mondiaux et européens) et le mouvement pour la paix, d’autre part, c’est en conséquence d’œuvrer pleinement pour l’adoption et la ratification de la Constitution européenne malgré ses limites.
Après son adoption, ils devront enclencher une nouvelle étape de leur lutte et demander une réforme constitutionnelle afin de supprimer tout droit de veto de la Constitution européenne.

Jean-Francis Billion

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