Fédéchoses numéro 132 - 2006

Un an après le 29 mai 2005, nous consacrons ce numéro aux causes et aux conséquences des non français et hollandais au Traité constitutionnel européen (TCE). Ces deux refus ont plongé l’Union européenne dans une terrible période de stagnation.
On lira dans ces pages, des analyses et des argumentaires : trois datant de la campagne référendaire française et trois autres postérieurs.
D’abord une « lettre ouverte aux partisans du non » de Christian Chautemps ; membre des Jeunes du Mouvement fédéraliste européen à Lyon et auteur de nombreux articles dans Fédéchoses au début des années 1970, mais éloigné de notre équipe depuis lors. Trois décennies plus tard, les arguments de sa campagne pour un « oui critique » en faveur du TCE sont tellement proches de nos thèses que cela en est saisissant. Ensuite, une interview à Libération de Toni Negri, figure altermondialiste et ancien militant fédéraliste.
Ces deux documents montrent que des militants, formés et armés d’une solide culture politique, « la culture de la paix » dont parlait Mario Albertini, restent fidèles à nos valeurs et rejoignent nos rangs dans les combats fondamentaux. Enfin, un commentaire (récent) de Michel Morin sur le livre de Philippe Val, Le référendum des lâches.
Les prises de position postérieures aux résultats référendaires sont une interview de Tzetan Todorov, deux commentaires, d’Immanuel Wallerstein (ancien Président des Young World Federalists américains dans l’après-guerre), de Monica Frassoni (co-présidente du groupe Verts-ALE au Parlement européen, longtemps militante fédéraliste) ; pour finir, le « carton rouge à Laurent Fabius » de Fabien Casenave (vice-président des Jeunes Européens - France) illustre la qualité de la formation et de l’engagement fédéraliste de la nouvelle génération des militants et des responsables des JE-France. Diverses autres analyses clôturent ce dossier.
L’autre sujet de cet éditorial, c’est l’importance de la participation de Giorgio Napolitano, Président de la République italienne, à la commémoration organisée par le MFE italien à Ventotene, vingt ans après la mort d’Altiero Spinelli (photo). Un tel hommage rendu à Spinelli par le Chef d’État italien (et dans un lieu aussi symbolique) honore les racines profondes de notre engagement : l’antifascisme de la Résistance, le refus du totalitarisme, de la guerre et de la division politique du genre humain…
Un tel hommage, d’un homme d’État de premier plan, est réconfortant et engageant pour des militants fédéralistes plongés dans un long combat qui ne s’arrêtera qu’avec la création et la consolidation de la Fédération mondiale et qui ne leur ouvre aucune perspective de gratifications personnelles qu’ils n’attendent d’ailleurs pas.
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