Fédéchoses numéro 117 - 2002

Éditorial
L’Union européenne apparaît aujourd’hui comme la grande absente dans les réponses à donner aux problèmes actuels : situation au Proche-Orient, Irak, contrôle de la mondialisation, développement durable, voire même politique économique susceptible de gérer l’espace de l’euroland. Ses institutions, basées sur la souveraineté absolue des États-nations, ont montré clairement leurs limites, sans parler de son grave déficit démocratique. L’élargissement à l’Europe centrale et orientale en l’absence d’une démocratisation et d’un renforcement préalable de ses structures amènerait tout droit l’Europe à la catastrophe avec des conséquences incalculables pour elle-même et le reste du monde, que deux fois déjà au siècle dernier la division européenne a amené au bord du gouffre.
Suite à l’échec du Sommet intergouvernemental de Nice (décembre 2000) celui de Laeken a chargé la Convention pour l’avenir de l’Europe d’élaborer une Constitution pour l’Union européenne. La Convention n’est pas le nec plus ultra du fédéralisme, mais elle représente une brèche dans la politique du « tout-diplomatie ». En son sein sont représentés les gouvernements, la Commission, les élus nationaux et européens. La société civile est même auditionnée !
Les fédéralistes veulent, sans garantie de succès, que les travaux de la Convention aboutissent sur une Constitution fédérale et la mise en place d’un gouvernement fédéral de l’Union, ou de certains États seulement si tous ne sont pas d’emblée disposés.
Les citoyens européens doivent être mobilisés dans ce seul but avant si nécessaire, en cas d’échec de la Convention, de promouvoir de nouveaux moyens d’action et de nouvelles exigences.
Tel est le sens des « référendums oui ou non à une constitution fédérale européenne » que les fédéralistes vont organiser, après Paris et d’autres villes, à Lyon, à l’occasion du 11 novembre, et à Florence à l’occasion du Forum social mondial.
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