Fédéchoses numéro 118 - 2002

Les enjeux de 2003

L’année 2003 s’ouvre avec des bruits de bottes autour du Golfe persique. La logique de la guerre, corollaire de l’anarchie internationale, s’affirme plus que jamais. Les États-Unis, abandonnés à leur toute-puissance apparente, restent contraints à un semblant de gouvernement impérial du monde, par la seule force, vu que l’état de droit ne pourrait être imposé que par le gouvernement « indépendant et coordonné » de tous les États (pour reprendre une expression du constitutionnaliste britannique Kenneth C. Wheare), c’est-à-dire par la Fédération mondiale. Dans cette situation, les États européens toujours divisés, et qui n’en finissent pas de s’unir, portent une très lourde responsabilité.

Dans quelques mois la Convention pour l’avenir de l’Europe, née de l’échec du Sommet intergouvernemental de Nice, aura terminé ses travaux. Il importe, à la veille de la « réunification de l’Europe » que constituera pour une large part le prochain élargissement de l’Union à 25 États-membres, que la Convention prenne ses responsabilités historiques, à l’exemple de la Convention de Philadelphie de 1787 qui fonda la Fédération américaine, et propose une Constitution européenne fédérale pour une Union européenne démocratique et enfin capable d’agir, seule susceptible de favoriser l’émergence d’un équilibre mondial plus juste allant dans le sens du renforcement et de la démocratisation des Nations unies et des autres institutions internationales.

C’est pourquoi, avant même de se poser la question du nombre d’États européens susceptibles de créer un premier noyau fédéral sans attendre que d’éventuels retardataires les rejoignent, les fédéralistes doivent concentrer tous leurs efforts afin que le texte constitutionnel adopté par la Convention européenne soit un projet fédéraliste clair permettant la mise en place dès 2004 d’un gouvernement fédéral européen démocratiquement contrôlé.

Dans ce seul objectif stratégique les fédéralistes doivent multiplier dans les mois qui viennent, comme cela a été fait récemment à Caen, Paris, Tours, ou plus récemment Lyon, les référendums citoyens « POUR ou CONTRE une Constitution européenne fédérale » ainsi que l’ont décidé au niveau européen leurs principales organisations (JEF et U.E.F.) en lançant, à l’occasion du 9 mai 2003, le slogan « Cent villes pour la Constitution européenne ».

Il faut que les membres et le Présidium de la Convention européenne, ainsi que les chefs d’État et de gouvernements, sachent que les citoyens européens ont compris qu’une véritable fédération européenne est une condition sine qua non de la paix, au Moyen-Orient comme partout dans le monde et de la résolution des graves défis qui pèsent sur l’humanité.

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