Fédéchoses numéro 108 - 2000

La fédération n’attend pas

L’accélération actuelle du cours de l’unification politique de l’Europe a de quoi donner le tournis aux fédéralistes habitués depuis des décennies à prêcher dans le désert et à constater l’absence de leurs thèses dans les médias.

Après que Joschka Fischer, ministre allemand des affaires étrangères, ait évoqué la perspective d’une Fédération européenne et qu’une bonne partie de la classe politique française lui ait emboîté le pas (de François Hollande à François Bayrou en passant par Daniel Cohn-Bendit…), c’est le Président Chirac qui déclare « … il faut savoir prendre des risques. Sortir des sentiers battus. La poursuite de la grande aventure communautaire est à ce prix ! » Il évoque même « … que les pays qui veulent aller plus loin (dans l’intégration), sur une base volontaire et sur des projets précis, puissent le faire sans être retardés par ceux qui, et c’est leur droit, ne souhaitent pas avancer aussi vite. » Il avance enfin l’idée que « les gouvernements puis les peuples seraient appelés à se prononcer sur un texte que nous pourrions alors consacrer comme la première “Constitution européenne” ».

Bien sûr les souverainistes patentés, Chevènement, Pasqua et consorts, auxquels Lionel Jospin semble aujourd’hui se joindre, n’ont pas manqué de faire entendre leurs voix. Mais la grande nouveauté c’est que, jusqu’à ce jour, en matière de construction politique de l’Europe, seul leur son de cloche(s) était amplifié par les médias. Aujourd’hui, les thèmes de Fédération européenne et de Constitution de l’Union sont partout à l’ordre du jour.

En octobre, à Biarritz, et en décembre, à Nice, pour la conclusion des travaux de la Conférence intergouvernementale sur la réforme des institutions de l’Union, les fédéralistes seront présents, vigilants, pour rappeler que l’objectif de la Fédération européenne, qu’ils réclament depuis plus de 50 ans, même si beaucoup en découvrent aujourd’hui la nécessité et l’urgence, n’attend plus.

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