Introduction de la brochure, Fédéralisme : de la Résistance à l’unité européenne. « Unir l’Europe pour unir le monde »

, par Jean-Francis Billion, Jean-Luc Prevel

Publiée par Presse Fédéraliste en octobre 2000, à l’occasion du 3e salon du livre antifasciste de Givors

Jean-Francis Billion – Jean-Luc Prevel Rédacteur en chef et Directeur de la publication de Fédéchoses – Pour le fédéralisme

A l’occasion du Troisième Salon du livre anti-fasciste (Givors, 19-22 octobre 2000), Presse Fédéraliste, republie, différents textes sur le fédéralisme européen et le fascisme, y compris des textes datant de la résistance au nazi-fascisme durant la seconde guerre mondiale. En effet, pour les fédéralistes, dont les principales organisations sont issues de la Résistance et ont été crées dès la fin de la deuxième guerre mondiale -l’Union européenne des fédéralistes (UEF) tout comme le Mouvement fédéraliste mondial (MFM-WFM) - toute compromission avec le fascisme est inacceptable.

Dès le deuxième numéro de Fédéchoses, en 1973, nous avions publié une violente dénonciation de l’extrême droite (Jean-Francis Billion, « L’Europe de l’extrême droite ») ; des éditoriaux également se sont succédés par exemple en 1990 (n° 70, « Contre les valeurs du Front national »), en 1996 (n° 92, « Si Jean-Marie Le Pen a de la suite dans les idées… nous aussi »), en 1997 (n° 95, « La lutte contre l’extrême droite ne suffit pas »), en 1998 sur l’ « Affaire Millon » (n° 99, « Rhône-Alpes : carriérisme, crise de l’Etat et démocratie »), jusqu’en 2000 (n° 107, « Autriche : l ‘hypocrisie n’arrête pas Haider, mais la Constitution européenne peut le faire »). Des articles de fond ont également été publiés au fil des années, tels celui de Francesco Rossolillo, ancien président de l’UEF, « Le fascisme comme dernier rempart de l’Etat national » (1977, n° 19-20 [régulièrement republié depuis, Ndlr]). Des témoignages, enfin, comme celui du militant grec Alekos Panagoulis, assassiné par les fascistes grecs après la chute de la dictature des colonels, et le texte de son intervention devant le congrès de la section italienne du Conseil des Communes et des régions d’Europe réuni à Naples (1976, n° 15-16, repubié très récemment, « Non à l’Europe des autres ! », n° 168, mars 2015, Ndlr]).

Récemment, en 1998, les fédéralistes de la région Rhône-Alpes ont dû se manifester à nouveau dans le domaine de l’anti-fascisme à l’occasion des conditions de la réélection de Charles Millon à la présidence du Conseil régional avec les voix du Front National. Plusieurs éditoriaux de Fédéchoses et, indépendamment, une lettre ouverte de l’UEF Rhône-Alpes au Président de la région lui demandant de démissionner, en témoignent (n° 99, « Lettre des fédéralistes à M. Charles Millon, Président de la Région Rhône-Alpes »). Ces évènements ont aussi été pour nous l’occasion de rendre hommage aux étudiants anti-nazis allemands du groupe de la Rose blanche (n° 99, Antonio Longo, « La Rose blanche, 40 ans après ») suite à une exposition du Centre d’histoire de la Résistance et de la déportation de Lyon et l’occasion de se pencher sur l’idéologie européiste de la « Nouvelle droite » et, à l’opposé, sur les positions fédéralistes de la Résistance (n° 100, Jean-Francis Billion, « Pierre Vial… La culture Rhône-Alpes dans la gueule du Sain-Loup », « La Résistance française et le fédéralisme - Bibliographie succincte », et, « L’idée fédéraliste et l’unité européenne dans la Résistance française »).

Plus récemment Fédéchoses a été amené à réaffirmer par un éditorial (n° 107, « L’hypocrisie n’arrête pas Haider, seule la Constitution européenne le peut ») ses positions concernant la récente crise de l’Union européenne suite à l’arrivée au pouvoir à Vienne d’une coalition regroupant avec les conservateurs autrichiens le parti « libéral » autrichien FPÖ. La récente levée des sanctions européennes contre l’Autriche souligne, s’il en était besoin, la justesse de notre analyse et Fédéchoses publiera au 4e. trimestre 2000 une analyse de Sergio Pistone, « L’Union européenne et le cas Haider ».

Depuis près de trente, Fédéchoses se bat donc fidèlement pour les valeurs du fédéralisme issu de la Résistance.