Réactions enthousiastes à l’accord de coalition allemand

, par Chloé Fabre

Les élections législatives allemandes ont eu lieu le 26 septembre 2021. Tout le monde attendait quelque chose de ces élections, en pensant quand même qu’il serait déçu. Eh bien, la nouvelle coalition nous donne tort et ouvre l’avenir avec des propositions fédéralistes, fortes et ambitieuses. Tour d’horizon des réactions.

Les fédéralistes avaient suivi le sujet des élections allemandes avec plusieurs activités organisées depuis le début de l’année 2021. Les résultats des élections laissaient présager des négociations longues. Mais les partis allemands ont innové, en créant les dialogues pré-négociations entre les libéraux et les Verts, et en aboutissant à un accord de coalition ambitieux. L’accord de coalition est le programme cadre du gouvernement, ce sont les engagements sur la base desquels le gouvernement fédéral est fondé. Et, dans ce programme, les trois partis ont écrit noir-sur-blanc leur volonté de dynamiser l’intégration européenne, plus que ça, ils posent l’objectif d’aboutir à un État fédéral européen à l’issue d’un processus constituant. Ce faisant, ils répondent aux arrêts de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, empêcheuse de tourner en rond, qui n’a eu de cesse depuis des années de refuser les avancées en matière d’intégration parce qu’elles ne faisaient pas l’objet d’une mise à jour des traités et d’un partage clair des compétences. Une Constitution européenne pour un État fédéral doit répondre à ces critiques. Les réactions des fédéralistes de toute l’Europe ne se sont pas faites attendre. Sandro Gozi, le président de l’Union des fédéralistes européens (UEF Europe) se félicite dans un communiqué traduit en français : « L’Union des fédéralistes européens se félicite de l’engagement clair des partenaires de la coalition en faveur de la création d’une Fédération européenne. L’appel à la création d’une Fédération européenne est le cœur de notre mobilisation, ce que nous réclamons, avec nos sections, depuis notre fondation il y a 75 ans. » Intitulé « Un grand pas vers une Europe fédérale », le communiqué traduit bien le changement de méthode, on sort de l’ère des petits pas, mais on n’est pas encore dans le saut fédéral. C’est bien ce qu’indique Christian Moos, secrétaire général de Europa Union (section allemande de l’UEF), dans une tribune, elle aussi traduite en français, « Si les paroles sont suivies d’actes, nous sommes à la veille d’un grand moment européen ». La JEF Europe, elle aussi se félicite des propositions contenues dans l’accord de coalition au chapitre Europe et rebondit aussitôt « Pour la toute première fois, le gouvernement allemand dit explicitement qu’il veut réaliser une Fédération européenne. Il y a une dynamique qui s’installe et la question est maintenant de savoir si d’autres gouvernements nationaux peuvent la suivre », commente Antonio Argenziano, président de la JEF Europe. La JEF Europe précise : « En effet, de nombreux défis restent à relever pour le nouveau gouvernement allemand. Au niveau européen, il devra chercher des alliés de même sensibilité parmi les autres gouvernements, dont beaucoup sont confrontés à des batailles électorales à venir avec les eurosceptiques d’extrême droite. S’il s’est avéré difficile par le passé de rallier tous les partenaires européens, le gouvernement allemand est désormais prêt – si nécessaire – à aller de l’avant avec les pays volontaires, comme le prévoit l’accord de coalition, ouvrant ainsi la voie à un modèle de réforme de l’UE à plusieurs vitesses. Au niveau européen, il devra chercher des alliés de même sensibilité parmi les autres gouvernements, dont beaucoup sont confrontés à des batailles électorales à venir avec les eurosceptiques d’extrême droite. »

Deux jours après l’annonce de l’accord de coalition allemand, la France et l’Italie ont signé un accord de coopération en vue de renforcer la souveraineté de l’Europe. Paris a également accueilli chaleureusement la déclaration de la coalition allemande, ce qui laisse espérer un élan plus large pour œuvrer à sa mise en œuvre.

Et l’on ne peut qu’être d’accord avec la conclusion du communiqué de presse de la JEF Europe : « Un nouveau chapitre a commencé et, en tant que fédéralistes, nous sommes impatients de voir si les années à venir apporteront le changement dont l’Europe a besoin de toute urgence. De la Conférence sur l’avenir de l’Europe à une Convention constitutionnelle, des modifications des traités à de véritables réformes : la JEF sera toujours présente en Allemagne et dans toute l’Europe, pour s’assurer que l’UE saisisse les opportunités politiques de réforme vers une fédération européenne que nous réclamons depuis des décennies. L’Allemagne a envoyé un signal fort à l’Europe, il est maintenant temps pour les autres dirigeants européens de se débarrasser de leurs illusions de grandeur et d’embrasser la vérité : nous nous unissons ou nous périssons ! » À suivre...

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