Michel Dévoluy, Comprendre le débat européen.

, par Ulrich Bohner

Petit guide à l’usage des citoyens qui ne croient plus à l’Europe, éd. Seuil, Edition Points, janvier 2014, 7 €

A quelques dizaines de jours des élections européennes du 25 mai prochain, ce petit livre est destiné à devenir un vrai livre de chevet pour tous ceux qui s’intéressent un tant soit peu sérieusement aux enjeux de ce scrutin.

Michel Dévoluy est Professeur émérite de l’Université de Strasbourg, titulaire d’une chaire Jean Monnet d’économie européenne, et co-Directeur de l’Observatoire des politiques économiques en Europe.

Le premier mérite du livre est de nous fournir une analyse détaillée mais succincte du fonctionnement des institutions de l’Union Européenne tel qu’il résulte notamment des Traités de Lisbonne, dans un langage simple, à la portée de tous.

Mais, bien au-delà du descriptif institutionnel, il pose les questions-clé , notamment sur la définition de l’identité européenne, en concluant (p. 102) que « seule l’édification d’une Europe fédérée permettra de véritablement sédimenter une forme robuste d’identité européenne ».

Dévoluy nous propose aussi une réflexion sur l’action future, basée sur une critique bien argumentée du néolibéralisme comme doctrine économique dominante, en nous proposant d’être plus exigeants sur l’Europe sociale, et en préconisant une mobilisation citoyenne, devant aboutir à l’élaboration d’une constitution pour une Europe fédérale, « une Europe démocratique au service des citoyens » (p.131). Mais pour cela, il faut se convaincre « de l’importance réelle de l’Europe pour chacun d’entre nous »(p.97) . Il s’oppose résolument à toute idée de retour aux Etats-nations ou de repli nationaliste.

Il faut dépasser le souverainisme en partageant la souveraineté entre les Etats et la fédération européenne, « en combinant efficacité, solidarité et démocratie » (p. 133)

Ces propositions semblent assez proches d’une « initiative citoyenne européenne » lancée cette année par des fédéralistes européens de huit pays, pour un « New deal 4 Europe », ou un « Plan européen extraordinaire de développement durable et pour la création d’emplois ».

Même si l’on ne devait pas partager toutes les propositions qui figurent dans les dernières pages du livre, il offre beaucoup de matière à réflexion et à débat. L’idée que les citoyens puissent« mettre le Parlement européen (nouvellement élu) au pied du mur de ses responsabilités » (p. 154) semble séduisante.

P.-S.

Ulrich Bohner

Président de la Maison de l’Europe Strasbourg Alsace (MESA)