Valéry Giscard d’Estaing, un Européen

, par Valéry-Xavier Lentz

Pour les fédéralistes européens, le bilan de Valéry Giscard d’Estaing est contrasté. Il illustre sans doute mieux que tout autre la distinction que j’opère entre européistes et fédéralistes. Il a en effet beaucoup parlé de fédéralisme (bon surtout après avoir été président) : on peut saluer cette clarté dans le débat sur l’Europe. Il a été président lors de l’élection directe du Parlement européen qui est le plus grand succès des fédéralistes avec l’euro. Giscard a aussi été président du Mouvement européen international, issu du Congrès de La Haye qu’avaient initié les fédéralistes, organisation qui rassemble les organisations dites « pro-européennes ». Mais il est aussi à l’origine du Conseil européen qui a dérivé d’instance ultime d’arbitrage en praesidium auto-proclamé de l’Europe, usurpant un pouvoir que les traités refusent de voir confier à une personnalité issue du vote des citoyens lors des élections européennes, seule source de légitimité directe des institutions européennes. VGE a donc contribué significativement à l’intergouvernementalisation de l’Union et donc à sa sclérose actuelle. Naturellement ce que j’appréciait particulièrement chez VGE est qu’il avait permis la rupture avec l’idéologie conservatrice et nationaliste qu’était le gaullisme qui est à présent dans les poubelles de l’histoire, et tant mieux.