A propos du 26° Congrès du Mouvement fédéraliste mondial

XXVI° Congrès du Mouvement fédéraliste mondial (WFM) - Winnipeg, Canada - Juillet 2012

, par Luigi Giussani

Du 9 au 13 juillet s’est tenu à Winnipeg, caîtale de la province du Manitoba, au Canada, le 26° Congrès du WFM. Les réunions se sont déroulées dans l’austère bâtiment qui est le siège central de l’Université de Winnipeg, fondée il y a 125 ans.

Les rencontres ont compris des réunions du Comité exécutif et du Conseil (aussi bien instances sortantes que celles nouvellement élues), sessions plénières du Congrès, réunions de commissions, conférences thématiques et d’autres initiatives.

Au Congrès ont participé une cinquantaine de délégués (d’autres s’étaient fait représenter) provenant principalement d’Europe (Allemagne, Danemark, Espagne, France, Hollande, Grande- Bretagne, Italie, Suisse) dont de nombreux membres de l’UEF, et d’Amérique du nord, mais également du Japon, de l’Inde, d’Amérique latine et du Moyen-orient. Trois délégués africains n’avaient pas pu participer pour des raisons de visa d’entrée au Canada.

Des messages de congratulation et de soutien sont arrivés en particulier des ancien et actuel Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan et de Ban Ki-Moon, le second ayant déclaré entre autre que “votre mouvement a un rôle crucial à jouer pour aidre les Nations unies et les peuples sur tous les continents à construire l’avenr que nous voulons. Nombre de vos objectifs sont également ceux des Nations unies : la paix et le développement soutenable, la démocratie , la justice et les droits humains, les principes de la légaité aux niveau national et global”.

A la Présidence du WFM, a été réélu le canadien Lloyd Axworthy, recteur et haut responsable de l’Univresité de Winnipeg, ancien Ministre canadien des Affaires étrangères et combattant actif pour les droits de l’homme.

Dans son rapport, le Président du Comité exécutif, le britannique et ancien parlementaire Keith Best, a observé qu’au cours des cinq années écoulées, depuis le Congrès de Genève s’est poursuivie la calamité du terrorisme mais également développé le Printemps arabe, que la démocratie a gagné du terrain et que le nouveau concept de la “Responsabilité de Protéger” des Nations unies a été appliqué en Lybie. “Tandis, a affirmé Keith Best, qu’est dorénavant universellement acceptée l’idée que les problèmes globaux du changement climatique, des épidémies, de la pauvreté, de la réponse aux catastrophes, du contrôle des marchés financiers et du développement demandent une action internationale, notre monde manque toujours d’un mécanisme effectif pour affronter les défis globaux et pour traîter de la paix et de la guerre. Non seulement le droit de veto et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU sont-ils vus comme toujours plus anachroniques, mais également d’autres réunions ad hoc comme celles du G8, du G20 et d’autres coalitions, ne sont elles pas réellement représentatives de la population du monde”. Keith Best a également observé que, même si la protection des droits humains s’est affirmée de plus en plus dans les organisations internationales, 65 ans après sa crétion, l’action du WFM, un mouvement solide et bien dirigé, est toujours plus nécessaire. Il a également noté que le choix de focaliser l’action des fédéralistes modiaux sur le Tribunal pénal international et la ”Responsabilité de protéger”, pour des raisons de ressources limitées, a été appropriée.

James Christie, Président canadien, sortant, du Conseil, partant de l’analyse du Printemps arabe, des élections égyptiennes et du rôle des réseaux sociaux dans la communication entre les peuples, a souligné comment il est possible de renforcer le dialogue entre les religions, la diffusion du fédéralisme et de la démocratie globale. Il a également mis en relief l’importance de la création du argentin de Democracia Globale, en Argentine, et de nouvelles générations de jeunes militants fédéralistes. En conclusion, il s’été déclaré disposé à abandonner sa charge afin de faciliter le renouvellement et le rajeunissement du WFM et de ses organes de direction.

William (Bill) Pace, américain et Directeur exécutif du WFM, a commenté l’état de l’organisation et effectué un compte-rendu de son activité ; son Secréatiat, qu’il anime, emploie actuellement 40 permanents qui travaillent dans les bureaux de New York et de La Haye, mais aussi dans des bureaux régionaux en Argentine, Belgique, Bénin, Congo, Jordanien Maroc, Pérou et Philippines, et une vingtaine de stagiaires. Les systèmes de communication et de comptabilité sont constamment mis à jour et les adhérents (répartis entre 11 organisations membres et 12 organisations associées) reçoivent régulièrement des rapports d’activité.

Les principaux programmes actuels d’activité du WFM sont, comme connu, la Coalition pour le Tribunal pénal international (CICC - dont le WFM assure depuis sa fondation le Secrétariat) et la Coalition internationale pour la Responsabilité de protéger (ICRtoP), qui mènent de nombreuses initiatives promues par les organisations affiliées. La Présidence du WFM et les responsables de la CICC adressent également des courriers aux gouvernements et aux diplomates sur, en particulier, la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU. Les quatre commissions thématiques du Congrès ont traité des thèmes suivants :

  • justice internationale, principes de légalité et droits humains ;
  • paix, sécurité des personnes et prévention des conflits ;
  • réforme des Nations unies et gouvernance globale ;
  • fédéralisme global et régional ;
  • gouvernance globale de l’environnement et de l’économie.

Chaque commission a mis au point des motions, destinées à orienter l’action du WFM, qui ont été discutées et approuvées par le Congrès en séance pléniaire.

Une motion, présentée par Lucio Levi, tendant à introduire de nouveaux objectifs dans les priorités d’action du WFM –désarmement, environnement, reforme des institutions de Bretton Woods, démocratisation des Nations unies, unifications régionales- n’a pas été approuvée, renvoyant ces questions à des discussions lors de la prochaine réunion du Conseil en 2013. La discussion s’est concentrée sur le financement de la campagne, dans la mesure où les financements actuellement didponibles sont liés à leur utilisation pour les campagnes de la CICC et de la ICRtoP. Une motion a par contre été approuvée visant à créer un poste de Secretaire du Comité exécutif et du Conseil ave la tâche spécifique de rédiger et distribuer les procès verbaux des réunions. Ont été également discutées diverses motifications aux Statuts et au Règlement interieur. A la Présidence du Conseil exécutif a été réélu Keith Best, Frenando Iglesias, écrivain et homme politique argentin, ancien parlementaire national, du Parlement matinoaméricain et de l’Assemblée du Mercosur, a été élu à la Présidence du Conseil. Lucio Levi, ne s’est pas représenté au Comité exécutif afin de faciliter, comme James Christie, le rajeunissement des cadres dirigeants et de donner plus de place aux groupes du Sud du monde. Lucio Levi a été remplacé comme représentant de l’UEF au Comité exécutif par Joan Marc Simon de Barcelone, ancien Secrétaire général de la JEF Europe puis de l’UEF Europe. Divers membres actifs de l’UEF font également partie du nouveau Conseil, Alfonso Iozzo, Lucio Levi, Domenico Moro, Nicola Vallinoto, Luigi Giussani, du MFE italien, Joan Marc Simon de Demoracia Global Espagne et Jean-Francis Billion de l’UEF-France. Une manifestation publique réussie a vu se succéder à la tribune, sur les thèmes de la démocratie globale, de la paix et de l’écologie, des exposants du WFM, un ministre du Manitoba et des représentants de la commuanuté autoghtone algonquine.

Des conférences et des tables rondes témathiques ont été conscrées aux arguments suivants :

  • principes et développements des mouvements “Occupy Wall Street” et des “Indignés” et opportunités que ces mouvements peuvent offrir aux fédéralistes mondiaux ;
  • campagne pour une Assemblée parlementaire des Nations unies, qui se propose de construire un réseau de soutien pour arriver au mouvement historique où il sera possible de réaliser un Parlement mondial doté de pouvoirs effectifs.

Le dixième anniversaire de la Coalition pour le Tribunal international (CICC), qui coordonne aujourd’hui plus de 2.500 organisations non gouvernementales a été rappelé avec des discours et la projection d’un film. Dans la discussion il a été souligné que -au stade actuel- le Tribunal réussit à mener des procédures seulement dans les pays moins développés, qui donnent leur approbation au procès, mais pas dans les pays avancés, qui tendent à contrecarrer l’extradition de leirs citoyens nationaux incriminés. Il a été également mis en relief le lien existant entre l’action du Tribunal pénal international et la démocratisation des Nations unies.

Fernando Iglesias ha présenté le “Manifeste pour la démocratie globale”, dont il a été le rincipal initiateur, un manifeste lancé par Democracoa Global depuis Buenos Aires, dont il est le Vice-président et l’animateur et déjo soutenu par des dizaines d’intellectuels dont, pour la France, à ce jour, Suzanne George et Jacques Attali. Une visite au Musée canadien pour les droits humains a conclu les jours du Congrès ; musée, dont l’édifice est en face avancée de construction. Une loi fédérale de 2008 a donné le mandat à ce musée « d’explorer le sujet des droits humains avec une référence spéciale mais non exclusive au Canada, de manière à développer la compréhension par le public des droits de l’homme, promouvoir le respect des autres et encourager la réflexion et le dialogue ».

P.-S.

Luigi Giussani

Militant du MFE italien, section italienne de l’UEF et du WFM - Milan

Traduit de l’italien par Jean-Francis Billion - Lyon

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