(le Conseil doit être détruit)

Delendum est Concilium

, par Gérard Onesta

Résumé et points forts de l’intervention de M. Gérard Onesta, samedi 12 juin, au débat organisé à Toulouse, en marge de son Comité directeur par l’UEF France

L’expression Etats-Unis d’Europe, employée par l’UEF-France dans sa proposition de campagne, ne va pas assez loin ! Même si je comprends très bien la portée symbolique de cette notion. On constate qu’aujourd’hui l’Europe vit une véritable déconstruction ! Delendum est Concilum ! Il faut détruire le Conseil, pour paraphraser la citation latine.

Nous sommes en quelque sorte revenus au temps des seigneurs féodaux, mais le pire c’est que nous sommes dans une féodalité sans Roi !

La prévalence de la méthode intergouvernementale favorise l’élection d’un Président de la Commission le plus lisse possible, faisant allégeance aux Etats et donc au Conseil. C’est ainsi, que M. Barroso a été de nouveau élu, même par certains qui à gauche qui l’avaient pourtant combattu naguère. Quant au Président Van Rompuy et à la « Baronne » Ashton, Haut représentant des affaires étrangères de l’UE, ils incarnent à eux deux ce principe qui vise à préserver les égoïsmes nationaux. Ils constituent en quelque sorte le cache sexe de l’impuissance politique européenne, les multiples institutions n’étant que des paravents dissimulant l’indigence du volontarisme des dirigeants nommés par complaisance.

Le commissaire européen est perçu en réalité comme le représentant de son pays en dépit de l’essence même des traités européens et de l’intérêt communautaire.

Avec l’élargissement croissant, chaque Etat devra t-il avoir un Commissaire ? C’est comme si le gouvernement français devait disposer d’un Ministre par département !

Le Parlement européen est-il encore vraiment lui-même ?

En effet, récemment, lors du débat énergie climat, on a pu observer que l’ordre du jour du Parlement s’est aligné sur la ligne du Conseil.

Pourtant, en 1999, quand j’avais avancé la question de la Constitution européenne cela avait donné lieu à la Convention sur l’avenir de l’Europe, alors qu’à cette époque on me riait au nez ! L’audace est toujours récompensée. Mais il est regrettable de constater l’absence de leader au sein de l’Assemblée, capable de mener ce combat, de le porter au niveau médiatique.

De crise en crise l’Europe a toujours avancé à coups de pied au cul ! La crise constitue son moteur. Je prends pour exemple la mise en place du mandat d’arrêt européen qui est né après le 11 septembre 2001, au bout de seulement deux semaines !

Le Parlement européen est il capable de réitérer le Serment du Jeu de paume ? J’ai intégré cette institution en 1989 où régnait cet esprit de République européenne. J’étais le benjamin à cette époque au sein de l’hémicycle, ambiance du bicentenaire aidant, l’envie de faire l’Europe était palpable.

J’ai retenu de cette période que si on veut on peut !

Le Parlement peut juridiquement s’emparer de cette question afin de jeter les fondements d’une Europe en utilisant les nouvelles dispositions du Traité de Lisbonne.

Les Etats et les personnalités qui les incarnent, ne voient dans l’Europe que leur propre mort ! Delendum est Concilium !

P.-S.

Gérard ONESTA
Vice-président de la région Midi-Pyrénées
Ancien Vice-président du Parlement européen

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